Comprendre (et réduire !) ses frais bancaires professionnels

Commission de mouvement, frais de tenue de compte... Nous vous aidons à comprendre et réduire vos frais bancaires

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Mis à jour le 11 Sep 2019 dans

frais bancaires professionnels

Avec l’essor des banques en lignes, les particuliers ont aujourd’hui accès à une offre bancaire simple et abordable, avec même des comptes bancaires gratuits (sans frais de tenue de compte).

Mais pour les professionnels, entreprises ou encore associations, c’est une autre histoire.

Les frais bancaires des comptes professionnels et entreprise sont en effet encore nombreux et peu lisibles.  Il est souvent dur de s’y retrouver et surtout d’en comprendre les détails.

Dans le coût d’un compte professionnel, on va ainsi trouver deux types de frais :

  • les frais de tenue de compte, qui sont des frais de gestion de base
  • les autres frais, qui sont spécifiques à chaque établissement bancaire et à chaque situation

Les termes désignant ces frais sont techniques et peu clairs, et les banques ont l’art d’écrire des conditions tarifaires de plusieurs dizaines de pages, où l’on mélange des offres simples, des offres groupées, des frais, des exceptions…

Si vous souhaitez comprendre ce que vous payez et faire des économies sur vos frais bancaires (notamment grâce aux nouvelles offres dédiées aux professionnels), vous êtes au bon endroit !

Les frais de tenue de compte professionnel

Définition

Les frais de tenue de compte sont les frais appliqués par la plupart des banques pour la gestion de votre compte professionnel. Ce que ces frais comprennent exactement, cela reste souvent flou, tout comme le terme générique de « tenue de compte ».

  • Ces frais ne donnent pas vraiment droit à des services particuliers.
  • Ils s’appliquent en général à tous les comptes : actifs, inactifs, principaux ou secondaires.
  • Ils sont prélevés par les banques directement sur le compte (mensuellement ou trimestriellement).

C’est sur ces frais que les particuliers arrivent à faire des économies depuis l’arrivée des banques en ligne, comme ING ou Boursorama par exemple. En effet, l’offre des banques en ligne s’est justement différenciée de l’offre des banques traditionnelles en proposant le compte courant « gratuit » (comprendre 0€ de frais de tenue de compte).

Une différence selon le statut de votre activité professionnelle

Concernant les frais de tenue de compte professionnel, on distinguera deux cas bien différents :

  1. Vous exercez votre activité professionnelle en micro-entreprise.
  2. Vous exercez votre activité professionnelle avec un statut de société (EURL, SASU, SAS, SARL…) ou d’association

Dans le cas de la micro-entreprise, vous pourrez accéder à des comptes bancaires gratuits (sans frais de tenue de compte). Pour en savoir plus, voir notre article sur les meilleurs comptes bancaires auto-entrepreneur gratuits.

Dans le cas des sociétés (et même professions libérales) ou associations, les frais de tenue de compte professionnel sont inévitables, même s’il est possible de les réduire.

Les banques classiques peuvent proposer des packages comprenant les frais de tenue de compte et une carte bancaire par exemple, ce qui limitera le total à débourser chaque mois.

Les nouvelles banques en ligne proposent la plupart du temps des forfaits tout compris pour leur compte pro en ligne. Les frais généraux et un certain nombre de frais annexes sont alors inclus, et les frais de tenue de compte sont limités.

Les autres frais bancaires professionnels

Attention, on rentre dans le vif du sujet. Si les frais de tenue de compte étaient plutôt faciles à comprendre, nous rentrons ici dans un jargon un peu plus technique.

La commission de mouvement

La commission de mouvement est un frais spécifique aux comptes professionnels et sans doute le frais bancaire professionnel le plus aberrant que nous verrons aujourd’hui.

Heureusement, certaines néobanques comme Qonto ou encore Manager.one par exemple ont aboli la commission de mouvement, permettant ainsi de limiter ses frais bancaires professionnels.

Concrètement, la commission de mouvement un moyen pour les banques de se rémunérer pour les services qu’elles proposent aux entreprises.

Le principe est simple : la banque applique un taux, compris en général entre 0,05% et 0,2%, sur tous les mouvements débiteurs d’un compte. Cette commission est calculée (et prélevée) tous les mois ou tous les trimestres.

commission de mouvement

Prenons l’exemple d’une banque appliquant une commission de mouvement de 0,20% :

  • Pour une TPE ou auto-entreprise ayant des sorties mensuelles moyennes de 5,000€, la commission de mouvement de son compte professionnel sera de 10€ par mois.
  • Pour une entreprise plus importante générant plus de mouvements, par exemple à hauteur de 50,000€ en moyenne, le coût mensuel est alors de 100€.

Ce frais bancaire pro peut donc vite vous coûter très cher. Les mouvements réalisés entre des comptes de la même banque ou les remboursements de crédits sont en général exclus du calcul de ces frais. Par contre, la plupart des banques incluent un minimum de commission de mouvement.

Les comptes pros en ligne sont les plus avantageux sur ce point : les forfaits tout compris suppriment ces frais bancaires professionnels. En contrepartie, les services sont plus limités (pas de chéquier par exemple).

Les banques traditionnelles, au contraire, continuent d’appliquer cette commissions de mouvement. Pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaire important et de nombreuses transactions, la commission de mouvement de leur compte pro fait donc vite grimper l’addition.

Les frais de découvert

Lorsqu’une entreprise a des difficultés, temporaires à cause d’un décalage de trésorerie ou plus régulières, elle doit demander à sa banque une autorisation de découvert. Cela permet au compte professionnel de continuer à fonctionner normalement malgré un solde négatif.

Cela entraine par contre d’autres frais bancaires professionnels : les frais de découvert (agios, commission du plus fort découvert, et commission d’intervention).

Les voici en détail.

Les agios

Ce sont les plus courants des frais de découvert autorisé.

On les retrouve également sur les comptes courants personnels, et cela dans toutes les banques. Ce sont des intérêts prélevés sur le montant du découvert, calculés sur la période durant laquelle le compte a effectivement été débiteur.

Il est donc important, pour limiter le coût des intérêts débiteurs, de limiter la longueur du découvert. Les taux constatés sont compris entre 7% et 20°%.

La commission du plus fort découvert

Cette commission, s’ajoute aux agios et peut elle aussi faire grimper le coût d’un compte professionnel.

Le principe de la commission du plus fort découvert ? La banque va prendre en compte le plus fort découvert du mois et y appliquer un taux (compris généralement entre 0,04% et 0,08%).

La commission d’intervention

Parmi les frais liés aux découverts, surveillez enfin la commission d’intervention.

Il s’agit d’un frais bancaire forfaitaire (d’une dizaine d’euros en moyenne). Le montant reste le même si le découvert est de 10€ ou de 1,000€. La commission d’intervention est facturée à chaque découvert ou dès lors que le montant de votre découvert autorisé est dépassé.

L’un dans l’autre, la somme des frais liés aux découvert peut vite représenter une part importante des frais bancaire d’une entreprise. Surtout quand on sait que le découvert (autorisé ou non) est la première source de financement à court-terme des entreprises.

Les frais de retraits

Nous poursuivons notre Tour de France des frais bancaires professionnels avec les frais de retrait.

Les retraits d’espèces dans les distributeurs automatiques de billets (DAB) peuvent en effet donner lieu à des frais. La plupart du temps, la banque inclut un certain nombre de retraits gratuits dans le coût du compte professionnel. Au-delà de ces retraits gratuits, il faudra payer.

Comptez en général moins de 50 centimes d’euros par retrait.

Dépôt de chèque et chéquier

Avec certaines banques, les dépôts de chèques peuvent engendrer des frais (mais c’est assez rare). Les banques traditionnelles pratiquent toutes le dépôt de chèque et chéquier gratuits, c’est plutôt les nouvelles banques (lorsqu’elles les acceptent), qui peuvent facturer les dépôt de chèque.

Frais à l’étranger

Continuons avec des frais qui peuvent être très importants, si votre entreprise travaille beaucoup avec des clients étrangers.

Les frais bancaires de votre compte professionnel peuvent vite devenir élevés à cause des frais liés à l’étranger :

  • Les virements vers et depuis l’étranger font souvent l’objet d’une commission, même si les banques proposent parfois un certain nombre de virements gratuits.
  • Le change, pour les transactions hors zone euro, est également facturé.

Ces frais sont très variables d’une banque à l’autre, c’est donc un poste de dépense à surveiller si vous être concerné (voyages d’affaire, commerciaux en poste à l’étranger, nombreux clients et/ou fournisseurs hors de France…).

Heureusement, certaines banques en ligne, notamment Revolut Business, permettent de limiter les frais liés à des activités à l’étranger. Les taux de change sont par exemple les plus bas du marché, et aucun frais n’est facturé pour l’utilisation de la carte bancaire à l’étranger.

Une autre solution pour mieux maîtriser les frais de transfert vers et depuis l’étranger est de faire appel à TransferWise. Cette solution permet de bénéficier des meilleurs taux de change. Les frais de transfert y sont également très réduits. C’est une solution que de nombreux professionnels et entreprises utilisent donc en complément de leur compte bancaire classique, pour toutes leurs activités liées à l’étranger.

La liste des frais bancaires professionnels est maintenant terminée, passons maintenant à nos conseils pour limiter ces frais et ainsi contrôler le coût de votre compte bancaire professionnel.

6 conseils pour réduire ses frais bancaires professionnels ?

Les frais bancaires sont inévitables, mais il est possible de les limiter.

frais bancaire entreprise

Que ce soit en négociant avec votre banquier, en faisant jouer la concurrence ou en recherchant les meilleures offres, voici 6 pistes pour réduire le coût de son compte bancaire professionnel.

1 – Se poser les bonnes questions sur ses besoins bancaires

Avant de chercher un comparatif des frais bancaires professionnels, il va surtout falloir se poser les bonnes questions : quels sont les frais qui vont le plus peser, compte tenu de VOTRE activité ? Avez-vous des frais liés à l’étranger ? Avez-vous besoin de retirer souvent des espèces ?

Soyez exhaustifs. Utilisez notre liste des frais professionnels, et posez-vous à chaque fois la question suivante : est-ce que mon activité va entraîner des coûts supplémentaires ce type de frais sur mon compte pro ?

Si la réponse est non, votre comparaison des comptes bancaires sera beaucoup plus simple : vous pourrez vous concentrer sur les services dont vous avez besoin, vérifier que les frais principaux ne sont pas trop importants, et oublier le reste.

L’estimation des frais bancaires d’une entreprise est difficile à cause des inconnues (découvert, retraits, …), mais se poser les bonnes questions avant d’ouvrir un compte peut vous faire économiser beaucoup.

2 – Négocier avec son banquier

Négocier ses frais bancaires professionnels est tout à fait possible (mais pas forcément facile).

C’est avec les banques traditionnelles, dans lesquelles votre conseiller est accessible, que c’est le plus courant. Les tarifs étant souvent plutôt opaques, il faut se concentrer sur les frais les plus lourds et les plus évidents.

Les frais de tenue de compte, tout d’abord, peuvent être négociés, surtout en fonction de la taille de l’entreprise. C’est également le cas des commissions de mouvement, qui peuvent baisser de moitié grâce à une bonne négociation. Si vous en avez besoin, discutez des conditions liées à une autorisation de découvert : des agios à la commission d’intervention, ne perdez pas l’occasion de faire baisser ces frais.

Enfin, si vous envisagez de contracter un crédit, n’hésitez pas à bien en négocier les termes. Et profitez-en pour mettre dans la balance une réduction du coût de votre compte professionnel. Après tout, votre banque gagnera déjà assez d’argent avec les intérêts du crédit !

Idem, avoir ses comptes personnels, de l’épargne et une bonne relation avec son banquier (en tant que particulier) peut aussi être un bon axe de négociation. Votre banquier vous connaît, et il acceptera ainsi plus facilement des conditions tarifaires professionnelles revues à la baisse. Il ne faut pas négliger l’aspect relationnel, et l’historique que vous pouvez avoir avec votre conseiller.

Avec une banque en ligne ou une néobanque par contre, les négociations seront moins faciles. Le principe de la dématérialisation va vous retirer la possibilité d’avoir un conseiller dédié.

Il est toujours possible de demander ponctuellement un geste en cas de besoin, sur des frais qui vous pénalisent, comme les virements à l’étranger par exemple. Mais comme les tarifs des néobanques sont bien plus abordables que ceux des banques classiques, les négociations sont moins courantes.

3 – Prendre des packages qui permettent de limiter les frais

Pour faire baisser vos frais bancaires, une autre solution est de souscrire à un package. Ces offres regroupent un certain nombre de services pour une somme forfaitaire mensuelle ou trimestrielle.

Cela permet de mieux prévoir le coût de votre compte professionnel et de ne pas avoir de surprise à la fin du mois.

Pour chaque banque, les offres de packages sont personnalisées, en fonction des besoins et de la taille de l’entreprise. Il faut donc pouvoir inclure les frais spécifiques à votre activité, que cela soit des opérations à l’étranger ou l’usage d’un terminal de paiement par exemple.

Si certaines banques traditionnelles sont encore peu enclines à faire baisser les prix, la plupart offrent quand même des packages intéressants.

4 – Comparer les frais bancaires professionnels

Pour être sûr de bénéficier de la meilleure offre, vous pouvez prendre le temps de comparer les coûts des comptes bancaires.

Si cela peut s’avérer complexe pour les banques classiques et leurs tarifs compliqués, les banques en ligne affichent clairement leurs prix.

En fonction de vos besoins et de vos activités, il est donc facile de s’orienter vers la meilleure offre. Certaines néobanques seront plus avantageuses pour les travailleurs indépendants, d’autres pour les PME ou pour les TPE travaillant à l’international…

En pratique, les banques en ligne seront de toute façon plus transparentes sur leurs frais. La plupart donnent des informations tarifaires faciles à comprendre et qui permettent de prévoir les coûts sans mauvaise surprise. Vous pouvez ainsi opter pour l’offre qui vous correspond le mieux sans avoir à passer par des négociations avec votre banquier.

5 – Fermer son compte pro et en ouvrir un nouveau

Si votre activité tourne déjà, vous savez combien vous payez. Il est donc plus facile de savoir combien vous pouvez économiser si vous vous motivez pour changer de banque professionnelle.

Ne paniquez pas, aujourd’hui c’est plutôt facile. Commencez par télécharger notre modèle de lettre de clôture de compte bancaire professionnel et laissez-vous guider.

6 – Cumuler deux comptes bancaires

Cela peut paraître contre-intuitif, mais beaucoup de nos lecteurs nous disent aussi faire des économies en cumulant deux comptes :

  • Un compte dans une banque traditionnelle
  • Un compte dans une banque en ligne

Pourquoi cumuler deux comptes ?

Tout simplement car l’offre de services des néobanques est certes abordable, mais limitée à des services bancaires simples (compte bancaire, CB). Pas de découvert ni crédit, pas d’épargne, et pas de dépôt d’espèce ni de chéquier non plus.

Du coup, une option intéressante peut être :

  1. Ouvrir un compte bancaire dans une banque traditionnelle pour profiter par exemple de l’un de ces services si vous en avez réellement besoin (on pense notamment au financement).
  2. Limiter au maximum les services payés sur cette banque, pour limiter les frais de son compte pro.
  3. Ouvrir un compte beaucoup moins cher (et sans commission de mouvement) dans une banque en ligne pour gérer ses opérations quotidiennes.

Un exemple concret

Pour illustrer, voici un exemple concret pour une entreprise qui réalise plus de 50 000€ de mouvement débiteurs mensuels (et avec des salaires ou des fournisseurs cela peut aller vite).

  1. Avec une banque traditionnelle (dont nous tairons ici le nom) et une commission de mouvement de 0.10%. Votre compte coûtera 29€ par mois + 50€ de commission de mouvement, soit au moins 79€ par mois.
  2. Avec une banque traditionnelle + une néobanque (comme Manager.one par exemple). Vos 2 comptes coûteront 29€ + 29,90€ soit 58,90€ par mois. Il faudra rajouter le minimum de commission de mouvement de la banque traditionnelle, soit 8€ ici, mais pas plus puisqu’on utilisera le deuxième compte pour les 50 000€ de mouvements débiteurs. Comme Manager.one ne pratique pas de commission de mouvement, on arrive donc à un total de 64,90€ par mois.

Cette simulation simpliste (mais pas improbable) ne tient même pas compte des autres frais professionnels que vous évitez en ayant un compte secondaire dans une néobanque.

Bilan : selon votre situation, avoir deux comptes bancaires peut donc vous coûter moins que d’en avoir un seul.

Cerise sur le gâteau, les néobanques comme Qonto ou Manager.one en compte secondaire vous apporteront des services très intéressants (comptabilité, gestion, tableaux de bord, gestion en ligne, multiples cartes…)

Conclusion

Les frais d’un compte bancaire professionnel sont un poste de dépense à ne pas négliger dans votre activité.

S’ils sont inévitables, il ne faut pas hésiter à les négocier et à réaliser un comparatif entre les offres.

Avec l’arrivée des néobanques qui bousculent les établissements classiques, le marché change depuis quelques années.

Si le compte bancaire d’entreprise sans frais n’existe pas encore, pour les travailleurs indépendants et les petites entreprises, il est déjà possible de largement limiter les frais bancaires professionnels. Voir notre avis sur Shine ou Qonto par exemple.

Pour les entreprises avec des tailles plus importantes, cumuler deux comptes (banque traditionnelle + banque en ligne) peut même permettre de limiter ses frais, tout en bénéficiant du meilleur des deux types de banques.

Encore faut-il se poser les bonnes questions, et ne pas avoir peur de négocier.

Pour en savoir plus :

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