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Guide : les 9 étapes pour ouvrir un salon de coiffure

Comment ouvrir un salon de coiffure ? Suivez le guide !

En bref

  • Pour ouvrir un salon de coiffure, il faut justifier d’un diplôme ou d’une expérience suffisante dans la profession.
  • Le local doit respecter les normes ERP. Il faut aussi respecter les normes de sécurité et d’accessibilité, les normes d’hygiène et afficher ses prix.
  • Le budget à prévoir varie généralement entre 10 000 et 150 000 euros selon la taille et l’emplacement du salon.

Ouvrir un salon de coiffure nécessite de préparer son projet avec soin. Au-delà du savoir-faire technique, le coiffeur doit respecter un cadre réglementaire précis et choisir un fonctionnement adapté à son activité. Diplôme, statut juridique, local et obligations professionnelles : vous devez anticiper tous ces éléments avant de vous lancer. Voici les principales informations à connaître pour ouvrir votre salon de coiffure en 2026.

1. Définir son projet de salon de coiffure

Choisir son concept

Avant toute démarche de création, vous devez clarifier le concept de votre futur salon. Un salon mixte ne s’adresse pas à la même clientèle qu’un salon spécialisé dans la coiffure homme ou qu’un salon de barbier. Vous devrez aussi choisir un positionnement : entrée de gamme, premium, bio ou expert coloration par exemple.

Un salon expert en coloration végétale ne s’adresse pas au même marché qu’un salon rapide en centre commercial. Les deux concepts n’appellent ni le même emplacement ni le même investissement de départ.

Identifier sa clientèle cible

Vous devez ensuite identifier votre clientèle cible. Renseignez-vous sur les profils que vous souhaitez attirer, sur leurs attentes et sur leurs habitudes de consommation. Un salon situé en centre-ville n’attire pas la même clientèle qu’un salon dans un petit village de campagne. Une clientèle jeune et urbaine recherche souvent des créneaux flexibles et une réservation en ligne. Les clients plus âgés, eux, privilégient la proximité et la régularité des rendez-vous.

Cette étape influence directement vos choix suivants : la surface de local à rechercher, le nombre de postes de coiffage, le niveau de gamme de vos produits ou encore le budget à consacrer à votre communication de lancement.

Franchise ou indépendant ?

Vous devez également choisir entre franchise et création indépendante. Le statut de franchisé limite les risques d’échec. Cela peut être intéressant pour les entrepreneurs qui débutent. Vous restez juridiquement et financièrement indépendant, tout en bénéficiant du savoir-faire d’un réseau établi. Mais cette sécurité a un coût : aux frais d’installation classiques s’ajoutent les droits d’entrée dans le réseau, des redevances régulières et le respect des standards de l’enseigne.

La création en indépendant vous laisse davantage de liberté sur vos choix stratégiques et commerciaux, mais elle exige une expérience solide et une préparation rigoureuse.

Reprendre un salon existant ou partir de zéro ?

En reprenant un salon existant, vous récupérez aussi le matériel, le droit au bail et une partie de la clientèle déjà constituée. Avant de vous engager, vous devez néanmoins auditer sérieusement l’affaire à céder : état du matériel, raisons du départ du cédant, fidélité réelle de la clientèle reprise.

Si vous partez de zéro, vous aurez davantage de liberté sur le concept et l’emplacement, mais vous devrez constituer votre clientèle et votre réputation depuis le début, avec un investissement souvent plus long à rentabiliser.

2. Étudier la faisabilité de son projet de salon de coiffure

Réaliser une étude de marché

Avant de vous lancer, vous devez étudier le secteur de la coiffure et sa clientèle sur votre zone d’implantation. Vous allez ainsi vérifier que votre concept répond à une demande réelle. Renseignez-vous sur l’offre et la demande locales, sur la concurrence déjà installée et sur vos futurs coûts d’exploitation.

Préparer un business plan

Vous devez ensuite construire votre business plan. Il doit détailler :

  • votre chiffre d’affaires prévisionnel : nombre de clients estimé, panier moyen par prestation, ventes additionnelles de produits capillaires ;
  • vos charges courantes : loyer, achats de produits, salaires et charges sociales, électricité, assurances, communication ;
  • votre investissement de départ : travaux, mobilier, matériel de coiffage, stock initial ;
  • votre besoin de financement : la part que vous pouvez apporter vous-même et celle à financer par emprunt ou par d’autres sources ;
  • votre besoin de trésorerie : les entrées et sorties d’argent des premiers mois, pour vérifier que vous pourrez tenir avant que l’activité atteigne son rythme de croisière.

Votre business plan doit aussi comprendre un compte de résultat prévisionnel, un plan de financement et un plan de trésorerie, généralement sur trois ans.

Ce document vous sera indispensable si vous sollicitez un emprunt. Les propriétaires de locaux commerciaux vous le demanderont probablement avant de vous louer un emplacement, car ils voudront avoir une idée précise de votre bilan et compte de résultat prévisionnel.

3. Choisir un local adapté à son salon de coiffure

Trouver un emplacement stratégique

L’emplacement de votre salon pèse lourd dans sa réussite. Avant de vous positionner sur un local, vérifiez la fréquentation de la zone : un quartier peut sembler passant en semaine et rester désert le week-end, ou l’inverse. Vérifiez aussi la visibilité de la devanture depuis la rue, l’accessibilité en voiture et en transports en commun et la présence de places de stationnement à proximité.

Regardez également les commerces aux alentours. La présence de commerces complémentaires dans un rayon proche (esthéticienne, institut de beauté, boutique de prêt-à-porter) contribue souvent à générer un flux de clientèle commun. À l’inverse, une concentration trop forte de salons concurrents sur une même rue peut fragiliser un positionnement encore mal établi. Vous avez aussi intérêt à étudier le profil des habitants du quartier, leur pouvoir d’achat et leurs habitudes de consommation.

Vérifier les contraintes du local

Avant de signer, vous devez vérifier que le bail commercial autorise votre activité de coiffure. Le local doit aussi respecter les normes ERP et rester accessible aux personnes en situation de handicap.

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Un local qui n’est pas aux normes peut faire grimper rapidement votre budget d’installation.

Renseignez-vous aussi sur l’historique du local. Plusieurs changements de locataire successifs peuvent révéler des difficultés propres à l’emplacement.

Prévoir l’aménagement du salon

Enfin, vous devez réfléchir à l’aménagement intérieur de votre salon : un espace d’accueil, des postes de coiffage, des bacs de lavage et, selon votre positionnement, un espace dédié à la vente de produits.

4. Choisir le statut juridique de son salon de coiffure

Si vous vous associez, la loi vous impose de créer une société commerciale, SARL ou SAS. Si vous vous lancez seul, vous avez le choix entre l’entreprise individuelle, l’EURL et la SASU. Dans tous les cas, ce choix conditionne la fiscalité de votre salon, votre régime social et votre responsabilité en cas de difficultés.

Attention, la micro-entreprise convient rarement à un salon de coiffure classique. Ce régime est davantage adapté aux coiffeurs qui exercent à domicile.

N’hésitez pas à vous faire accompagner par un expert pour identifier le statut juridique qu’il vous faut.

5. Effectuer les démarches de création

Immatriculer son entreprise

Une fois votre forme juridique choisie, vous devez déposer une demande d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI. Si vous décidez de créer une société, il faudra préalablement rédiger ses statuts et publier un avis de constitution dans un journal d’annonces légales.

Une fois votre dossier validé, vous recevrez vos numéros Siren et Siret.

Si vous n’êtes pas à l’aise avec ces démarches, vous pouvez vous faire accompagner par un expert-comptable ou un avocat. Pour réduire vos frais, vous pouvez aussi créer votre entreprise en ligne avec un site spécialisé dans les formalités juridiques.

Souscrire les assurances nécessaires

Vous devez a minima souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) et une assurance couvrant votre local. La première vous protège en cas de dommage causé à un client ou à un tiers. La seconde couvre votre matériel et vos locaux contre les sinistres.

6. Respecter la réglementation pour ouvrir un salon de coiffure

Vérifier les conditions de diplôme

La coiffure est une profession réglementée. Il faut donc détenir un diplôme reconnu : le brevet professionnel (BP) coiffure, le brevet de maîtrise (BM), ou un titre de niveau égal ou supérieur inscrit au répertoire national des certifications professionnelles.

Lors du dépôt de votre dossier, le guichet unique vous demandera d’apporter la preuve de votre qualification professionnelle.

Si vous n’avez pas le diplôme requis, vous pouvez tout de même ouvrir votre salon en employant un coiffeur qualifié.

Respecter les normes de sécurité et d’hygiène

Un salon de coiffure est un établissement recevant du public (ERP). À ce titre, il doit respecter les règles de sécurité incendie et celles relatives à l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap.

Votre local et votre matériel doivent aussi respecter les mesures d’hygiène prévues par le règlement sanitaire départemental. Celui-ci impose notamment que les locaux soient convenablement aérés et éclairés. Il faut aussi désinfecter le matériel entre chaque client.

Afficher les prix et facturer ses prestations

La loi impose de rendre visible et lisible, depuis l’extérieur, les tarifs des prestations les plus courantes : au moins 10 prix TTC pour un salon non-mixte et 20 prix TTC pour un salon mixte, dont dix pour les femmes et dix pour les hommes. Les forfaits regroupant plusieurs prestations doivent être détaillés. Vous devez aussi tenir une carte complète des prix près de la caisse, consultable à tout moment par votre clientèle.

Vous devez remettre une note au client avant paiement dès que le prix de la prestation atteint 25 euros TTC.

Cette note comprend plusieurs mentions : date, nom et adresse de votre salon, nom du client sauf opposition de sa part, détail des prestations et produits facturés, montant hors taxes et TTC. Vous devez conserver les doubles de ces notes pendant deux ans.

Prévoir les obligations liées à la diffusion de musique

Si vous souhaitez diffuser de la musique dans votre salon, vous devez demander l’autorisation d’utiliser le répertoire de la Sacem, auprès de votre délégation régionale ou par déclaration en ligne. Cette autorisation donne lieu à une redevance annuelle, renouvelée chaque année par tacite reconduction. La Sacem collecte par ailleurs, pour le compte de la Spré, une seconde redevance due au titre de la rémunération équitable des artistes interprètes et des producteurs.

7. Acheter le matériel et choisir ses fournisseurs

Prévoir le matériel professionnel et les produits nécessaires

Vos besoins peuvent être variés, selon que vous reprenez ou non un salon : fauteuils, bacs à shampoing, sèche-cheveux et appareils de coiffure pour votre équipement professionnel, puis shampoings, colorations et soins capillaires pour votre stock de produits.

Comparez plusieurs fournisseurs avant de vous engager, notamment sur les conditions de renouvellement de stock : vous pourrez peut-être en dégager des marges de négociation.

S’équiper des outils numériques indispensables

Vous pouvez aussi vous équiper d’un terminal de paiement électronique (TPE) et d’un logiciel de caisse spécialiste des coiffeurs pour encaisser votre clientèle. Depuis la loi anti-fraude à la TVA de 2018, si votre salon est assujetti à la TVA et encaisse des particuliers par un système informatisé, vous devez utiliser un logiciel de caisse certifié, qui garantit l’inaltérabilité, la sécurisation et la conservation des données d’encaissement.

Vous pouvez aussi prendre un logiciel de prise de rendez-vous en ligne ou un outil de gestion des stocks de produits.

8. Quel budget prévoir pour ouvrir un salon de coiffure ?

Le budget d’ouverture varie fortement selon la localisation, la taille de votre salon et votre choix d’investir dans du matériel neuf ou d’occasion. Comptez en moyenne 30 000 euros pour ouvrir un salon de coiffure, avec une fourchette qui va de 10 000 euros pour un petit salon dans une zone peu coûteuse à 150 000 euros pour les plus grands établissements.

Si vous envisagez de faire un emprunt bancaire, il est recommandé d’avoir un apport personnel représentant 20 à 30 % de votre budget total.

Vous pouvez compléter cet apport par un prêt bancaire, un prêt d’honneur ou encore un crédit vendeur.

Si le sujet vous intéresse, vous pouvez faire une simulation gratuite de prêt professionnel à l’aide de notre outil.

9. Préparer le lancement de son salon de coiffure

Pour gagner en visibilité avant même votre ouverture, vous pouvez créer un site internet pour votre salon de coiffure et/ou être présent sur les réseaux sociaux. Travaillez aussi votre identité visuelle en amont : logo et palette de couleurs doivent refléter votre positionnement.

Publiez du contenu qui met en valeur votre savoir-faire : transformations avant-après avec l’accord de vos clients, présentation de nouvelles techniques ou coulisses de votre salon.

Puisque vous avez un commerce de proximité, il est recommandé de créer une fiche d’établissement Google. Vous pouvez y mettre des photos, vos horaires et la liste complète de vos prestations.

Pour l’ouverture, vous pouvez proposer une offre de lancement avec des tarifs avantageux. L’important aussi est de fidéliser vos clients et de faire d’eux vos ambassadeurs. Les recommandations fonctionnent particulièrement bien dans le secteur de la coiffure.

FAQ

Peut-on ouvrir un salon de coiffure sans diplôme ?

Oui, à condition d’employer un coiffeur titulaire du BP, du BM ou d’un titre équivalent, qui assurera le contrôle effectif et permanent de l’activité. Sans cette personne qualifiée dans votre équipe, ça ne sera pas possible.

Peut-on ouvrir un salon de coiffure avec un diplôme étranger ?

Cela dépend ! Vous pouvez faire la demande pour que votre diplôme soit reconnu par l’État. Pour plus d’informations nous vous invitons à consulter la page dédiée sur le site du service public.

Quel budget faut-il pour ouvrir un salon de coiffure ?

Comptez en moyenne 30 000 euros. Le budget varie entre 10 000 euros pour un petit salon et 150 000 euros pour un grand établissement.

Quel statut choisir pour un salon de coiffure ?

La plupart des coiffeurs qui ouvrent un salon créent une société : SARL ou SAS avec des associés, EURL ou SASU s’ils sont seuls. Le régime de la micro-entreprise n’est pas conseillé pour un salon classique.

Peut-on ouvrir un salon de coiffure sans apport ?

C’est possible en théorie, certaines banques finançant jusqu’à 100 % d’un projet solide. Vous pouvez aussi solliciter un prêt d’honneur ou une garantie Bpifrance pour renforcer votre dossier.

Combien gagne un salon de coiffure ?

Selon les dernières données sectorielles, un salon de coiffure réalise en moyenne autour de 76 000 € de chiffre d’affaires annuel. Le niveau de recettes varie fortement selon la taille du salon, le nombre de salariés, l’emplacement et le positionnement.

Elodie Guyomard
Rédactrice web spécialisée en entrepreneuriat

Élodie est diplômée d’un Master 2 en sociolinguistique et a suivi un cursus à l’IPAG de Rennes. Après plusieurs années en tant que chargée de communication, elle s’est tournée vers la rédaction web en se spécialisant dans les contenus à destination des travailleurs indépendants. Elle est également l’autrice de livres sur la micro-entreprise.

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