Affacturage (ou factoring), le guide pour tout comprendre !

Définitions, coût et fonctionnement de l'affacturage

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Mis à jour le 16 Juil 2019 dans

affacturage

Factor, factoring, affacturage : définitions

L’affacturage est souvent méconnu du grand public, mais pas des entreprises. D’après l’Association française des sociétés financières (ASF), l’affacturage est en effet la première source de financement court-terme des entreprises (juste devant le découvert bancaire).

Concrètement, l’affacturage est une méthode de financement. Votre entreprise cède son poste clients (soit toutes les factures, soit une partie seulement) à une banque ou une entreprise spécialisée. Le factoring n’est rien d’autre que son nom anglais de l’affacturage, et le factor est le nom donné à l’organisme à qui vous cédez vos créances contre un financement.

Pour illustrer, voici un schéma qui résume le fonctionnement de l’affacturage.

affacturage

Source : ASF

Le montant de ce financement (par rapport au total des factures cédées), dépend de plusieurs éléments, que vous verront en détail après :

  • Le risque d’impayé lié à vos créances
  • Le niveau de service fourni par le factor (assurance, relances des factures, recouvrement…)

Longtemps réservé aux grandes entreprises, le factoring est aujourd’hui en forte croissance (+10% en 2018) et attire de plus en plus de TPE et PME.

Obtenir un financement anticipé de vos créances, réduire votre BFR, ou encore limiter le temps de gestion de vos factures sont autant de raison de se tourner vers ce mode de financement.

Affacturage ou Dailly ?

Lorsqu’on parle d’affacturage, on entend aussi souvent parler de la loi Dailly, loi de 1981 qui encadre les cessions Dailly. Le principe est relativement similaire (financement de créances) mais comporte quelques différences :

  • Les cessions Dailly sont prises en charges par des banques (là ou l’affacturage peut aussi avoir lieu avec des sociétés spécialisées).
  • Une cession Dailly est plafonnée (aux factures cédées et avec une date d’échéance).
  • La plupart du temps, l’affacturage prend en charge le recouvrement des factures, là où les cessions Dailly sont simplement un financement. La gestion (relances, recouvrement…) restent à la charge de l’entreprise.
  • Seul l’affacturage permet de financer des créances « export ».

Affacturage : coût et fonctionnement

Les organismes proposent des offres variées et il est conseillé de bien lire toutes les lignes afin de ne pas avoir de surprise.

Il convient d’abord de définir si vous voulez céder tout ou partie de vos créances. Le chiffre d’affaire de votre société et la nature des factures peut aussi jouer dans les offres de factoring.

Pour faire simple, l’affacturage classique fonctionne de la manière suivante :

  1. Vous contractualisez avec une société d’affacturage ou une banque (le factor)
  2. Le factor reprend vos factures et vous fait une avance de trésorerie
  3. Le factor se charge de la gestion des factures (relance, paiement, recouvrement)

Un petit nombre de clients avec des grosses factures n’a pas le même impact que si vous avez beaucoup de clients avec des petites factures. Le Factor en tiendra compte dans l’offre qu’il proposera.

Les droits et obligations du Factor dépendent des contrats. L’entreprise qui signe avec un Factor doit donner toutes les pièces justificatives demandées comme bon de commande, bon de livraison,… A défaut, les obligations du Factor cessent.

Le contrat d’affacturage

Les éléments les plus importants du contrat d’affacturage sont les suivants :

  • Les conditions de cessions des créances
  • La nature et le contenu des prestations réalisées par le factor
  • La rémunération du factor (commission d’affacturage et de financement, frais de dossier…)

En pratique, ces contrats sont généralement exclusifs (vous n’aurez pas la possibilité d’avoir un deuxième factor).

Il existe ensuite de nombreuses nuances : contrat géré ou non, notifié ou non, avec recours ou sans…Qui ont un impact sur le coût du contrat, mais aussi sur les risques et le temps de gestion qui restent à votre charge.

Notre conseil, lisez ces contrats en détail, et n’hésitez pas à comparer plusieurs banques ou sociétés d’affacturage.

Affacturage : combien ça coûte ?

Difficile de vous dire combien l’affacturage coûte, tant les contrats dépendent de votre entreprise et d’un factor à l’autre.

Pour vous aider à y voir plus clair, voici comment les 3 composantes du coût de l’affacturage :

  1. La commission de financement
  2. La commission d’affacturage
  3. Les frais de dossiers éventuels

La commission de financement en affacturage désigne le taux d’intérêt qui s’applique au financement de vos factures.

On le rappelle, l’affacturage est une solution de financement, et la banque ou la société d’affacturage va donc vous faire payer des intérêts sur l’argent qu’ils vous avancent, le temps de se faire payer les factures. Ce taux d’intérêt se base sur le taux de marché Euribor, auquel chaque organisme ou banque ajoute sa marge.

La commission d’affacturage englobe quant à elle le coût de gestion des factures. C’est donc le pourcentage du chiffre d’affaire qui vous cédez au factor pour qu’il prenne en charge vos factures. Cette commission englobe le traitement des factures et de leur paiement, et éventuellement l’assurance crédit ou encore les relances. Dans ces deux derniers cas, la commission sera évidemment plus élevée. Sachez que vos contrats contiennent souvent une commission minium, définie annuellement.

La commission d’affacturage varie beaucoup d’une banque ou d’un organisme à l’autre (entre 0.15% et 2.5%, selon votre dossier). D’après nos recherches, il paraît très difficile d’obtenir moins de 1% lorsque vous êtes une TPE/PME. Encore une fois n’hésitez pas à comparer.

Des frais annexes peuvent s’y rajouter comme les frais de dossier (frais de gestion ou liés à des litiges, coûts des services web…).

La somme de ces 3 variable (commissions d’affacturage, commission de financement et frais de dossier) constitue le coût réel de l’affacturage. D’après ce que nous avons vu ici et là, il faut compter entre 5% et 15% du total des factures cédées.

Quelques conseils pour réduire ses coûts d’affacturage

Tout d’abord, soyez intransigeants sur les processus internes de gestion de vos commandes et factures. Sécurisez les commandes, mettez en place les bonnes procédures pour limiter le risque de litiges sur les factures émises.

On pense par exemple à éviter les accords oraux uniquement, et à gérer rapidement les demandes de vos clients en cas de problème sur la commande.

Pensez aussi à bien relancer vos clients. Une procédure de relance efficace (à l’aide de logiciels de comptabilité ou bien en interne) permet non seulement de réduire les impayés, mais d’avoir une vision sur les bons et les mauvais payeurs. Cette bonne connaissance de vos clients vous permettra de présenter les meilleurs profils au factor, ce qui limitera aussi les commissions.

De bonnes procédures permettent de limiter le risque de litiges, et jouera donc en votre faveur lors du calcul de la commission de financement (risque moins élevé = commission moins élevée).

Enfin, n’hésitez pas à comparer. Faites plusieurs demandes, auprès de différentes banques et sociétés d’affacturage, et agrégez les résultats pour pouvoir comparer plus facilement les grandes composantes du coût de l’affacturage. Une fois ces données rassemblez, commencez les négociations pour réduire chaque commission et frais de gestion.

Les types d’affacturage

Certains autres types d’affacturage peuvent être proposés aux entreprises ou à leurs fournisseurs toujours dans le but de leur donner plus de souplesse de gestion.

L’affacturage classique

L’affacturage classique, aussi appelé full factoring, inclut toute la panoplie de services.

Les créances sont cédées, tout comme les relances, le règlement et le recouvrement, et vous pouvez donc vous concentrez sur votre activité.

Dans ce cas, il est obligatoire de prévenir vos clients de la cession de leurs factures. Ceux-ci devront alors changer le mode de règlement pour payer les factures au factor, et non plus à votre entreprise.

L’affacturage confidentiel

L’affacturage confidentiel permet de ne pas indiquer à son client que l’on passe par une société d’affacturage. L’entreprise qui fournit un service ou une prestation à son client cède ensuite sa créance au Factor.

La société d’affacturage finance la créance. A échéance, le client paye sa facture et ensuite votre entreprise restitue le montant financé par le Factor. La charge de la relance des impayés revient à l’entreprise.

L’affacturage inversé

Le reverse factoring (ou affacturage inversé) consiste pour une entreprise de proposer à ses fournisseurs une solution de financement à court terme à l’aide de son factor. Ainsi, le fournisseur peut obtenir le paiement de ses factures avant la date d’échéance une fois que le client a donné sa validation.

C’est une solution d’affacturage encore peu utilisée, souvent à l’initiative du client (en général une grosse entreprise).

Les avantages principaux sont les suivants :

  • Permet aux fournisseurs les plus fragiles d’améliorer leur trésorerie (à taux intéressant, et de manière souple)
  • Permet au client de sécuriser et fidéliser ses fournisseurs les plus importants (sans avoir à payer tout de suite et ainsi dégrader son BFR)

L’affacturage international (ou import-export)

L’import ou l’export obéissent aux règles des pays concernés et représentent une lourdeur administrative pour les entreprises lors de la facturation.

L’affacturage international se compose de :

  1. L’affacturage import
  2. L’affacturage export

En dehors des avantages classiques, l’affacturage international permet aussi de se libérer des contraintes de relance et de gestion des factures dans un environnement juridique, financier et culturel qu’on connait moins.

Avantages & inconvénients de l’affacturage

Le coût de l’affacturage, des relances clients et des impayés est souvent une lourde charge pour les sociétés. Le plus souvent, le factor reversera dans la semaine le montant contractualisé du recouvrement de la créance.

Avantages

L’avance de trésorerie via le rachat des créances est très rapide. Cela permet à l’entreprise de libérer du temps pour le centrer sur son coeur de métier. L’affacturage permet d’avoir des liquidités tout en étant protégé des mauvais payeurs.

Selon le contrat, on peut choisir de ne céder que certaines factures importantes ou quelques clients. Cela permet d’avoir une meilleur vision de sa trésorerie et de mieux gérer son entreprise. L’affacturage est une solution de financement relativement souple.

Inconvénients

Le coût de l’affacturage n’est pas négligeable. Si un fond de garantie est contractualisé, cela a un impact financier qui s’y ajoute.

Certaines sociétés d’affacturages n’incluent pas de garanties. Dans ce cas, les impayés resteront à la charge de l’entreprise.

Les contrats sont souvent chers pour les PME et TPE. Malgré les prix attractifs présentés, certains frais se rajoutent aux commissions. Lisez bien toutes les conditions de votre contrat, et n’hésitez pas à comparer !

Enfin, il peut être difficile de céder la gestion des factures ses clients car la relation professionnelle peut en pâtir (d’où l’affacturage confidentiel).

À qui s’adresse l’affacturage ?

L’affacturage concerne les entreprises qui souhaitent améliorer trésorerie et ne pas se préoccuper des relances clients (soit toutes les entreprises !). Il faut par contre obligatoirement travailler en BtoB car on ne peut pas faire d’affacturage avec des particuliers.

Il n’y a qu’à voir les derniers chiffres, l’affacturage est un marché en croissance de plus de 10% par an depuis 2017, preuve que les entreprises y font de plus en plus appel.

Rentrons un peu dans le détail des différentes typologies d’entreprises et professionnels qui font aujourd’hui appel à l’affacturage.

Professionnels et entrepreneurs individuels

Des offres d’affacturage clés en mains sont proposées aux auto-entrepreneurs, commerçants, artisans et professions libérales.

Étant donné la structure de ces entités, on peut trouver des formules flexibles sans demande de caution personnelle et qui n’exigent que 4 mois d’ancienneté. Ces offres regroupent le financement, l’assurance crédit et le recouvrement.

Cette catégorie de professionnels et micro-entrepreneurs est très sensible aux défauts de paiements des créances. C’est une solution rapide et simple qui permet de se recentrer sur son activité.

Avant d’en arriver à l’affacturage, les entrepreneurs individuels et particulièrement les auto-entrepreneurs ont accès à de nombreux outils de facturation peu onéreux avec de bons systèmes de relances automatiques. Mieux vaut prévenir que guérier, et un bon logiciel de facturation peut clairement faire la différence !

TPE et PME

Les TPE et PME peuvent être intéressées par l’affacturage pour pallier aux longueurs d’encaissement de leurs créances. Leurs prestations sont en effet souvent payées longtemps après la présentation de leur facture ce qui peut fragiliser leur structure et leurs approvisionnements.

Ce sont donc des entreprises qui ont un fort besoin d’accompagnement dans la sécurisation de leur trésorerie.

Les TPE et PME n’ont pas  toujours les moyens de payer quelqu’un en interne pour la gestion administrative et les relances des factures. L’affacturage est donc une solution adaptée dans de nombreuses situations.

Startups

On entend beaucoup parler de belles levées de fonds, de licornes ou de scale-ups française, mais on oublie que la majorité des startups à du mal à trouver un financement ce qui freine leur développement. Les besoins en investissement de départ des startups sont souvent élevés, et les factures peu nombreuses (au moins au début) et les temps de signature souvent longs.

L’affacturage est une solution qui peut être proposée avec un délai très réduit, voire immédiat dès la facture émise pour obtenir la créance et une avance de trésorerie. Cette souplesse permet de se consacrer à son offre commerciale et d’être protégé de la fragilité de ses clients ou de leurs délais de paiement.

ETI et grandes entreprises

Historiquement, l’affacturage s’adresse aux grandes entreprises. Le délai de paiement des créances peut en effet être considérable dès lors les ETI ou grandes entreprises ont des clients institutionnels, publics, ou encore import-export par exemple.

En dehors des avantages classiques, nous en avons relevé 2 supplémentaires pour les ETI et grandes entreprises :

  1. Avoir de gros montants de factures permet à ces entreprises de négocier davantage les conditions d’affacturage
  2. Celles-ci peuvent bénéficier de l’affacturage déconsolidant et améliorer ainsi la présentation de son bilan financier.

L’affacturage déconsolidant est une forme d’affacturage particulièrement adaptée aux grandes entreprises. Il consiste à transférer au factor tout au partie de son poste client. La société d’affacturage rachète alors les créances sous forme de financement. Ce financement est sans recours et assume complètement les risques d’impayés, permettant la déconsolidation comptable.

Un peu technique à mettre en place, cette forme d’affacturage demande un accompagnement par des experts.

Quel secteur d’activité ?

L’affacturage est une solution pour quasiment tous les secteurs d’activité : agroalimentaire, import-export, BTP, industrie, prestation de services, artisans, commerçants, associations, professions libérales… Tous les secteurs sont concernés.

Qui propose de l’affacturage en France

On distingue deux types d’affacturage : l’affacturage proposé par les banques de celui des sociétés d’affacturage.

L’affacturage bancaire

L’affacturage est d’abord redevenu à la mode aux USA, avant de suivre en France et en Europe dans les années 1960 (même si ses origines sont beaucoup plus anciennes).

Historiquement, c’est un service largement proposé par les banques à leurs clients professionnels et aux entreprises. Ce marché est donc encore dominé par les grands groupes bancaires en France. Globalement, toutes les banques en proposent.

Pour illustrer, voici 3 exemples de filiales d’affacturage bancaire :

  1. BNP Paribas Factor – le leader de l’affacturage en France
  2. Crédit Agricole Leasing & Facrtoring
  3. Société Générale Factoring

Les banques représentent encore la majorité du marché de l’affacturage en France, mais ont aussi une concurrence de taille avec les sociétés d’affacturage.

Les sociétés d’affacturage (dont affacturage en ligne)

Les sociétés d’affacturage se sont spécialisées dans certains domaines pour proposer des offres ciblées à leurs clients. Certaines sont détenues par des banques (en partie), d’autres restent indépendantes.

Citons par exemple Bibby Factor France, filiale française de Bibby Factor, le leader européen des sociétés d’affacturage indépendantes et non-bancaires. Créée en 2015, cette société d’affacturage est spécialisée dans le financement de trésorerie pour les TPE/PME.

Récemment, les sociétés d’affacturage évoluent vers un modèle en ligne, avec certains acteurs pure players qui ne proposent désormais plus que ça (pas d’agence, tout se fait en ligne). Les avantages de l’affacturage en ligne sont les suivants :

  • Digitalisation du parcours (demande et réponse en ligne rapidement)
  • Déblocage des fonds très rapide (initiation du virement parfois quelques heures après cession de la facture)
  • Un généralisation des virements instantanés, qui accélère encore la réception des fonds

Les offres d’affacturage en ligne permettent ainsi de gagner du temps dans le montage du dossier pour une prise en charge rapide, et tendent à démocratiser une offre jusqu’alors réservée aux grandes entreprises.

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