Le secteur du bâtiment est l’un des secteurs d’activité les plus fructueux. La hausse de la population mondiale ainsi que le désir des collectivités de construire des bâtiments plus respectueux de l’environnement, permettent aux travailleurs du BTP d’avoir un flux d’activité important. Depuis quelques années déjà, des méthodes se développent afin de permettre au secteur du BTP de profiter des technologies les plus pointues. Entre transition écologique, nouvelles technologies, taux d’emploi et hausse des prix, nous vous invitons à découvrir dans cet article, 22 chiffres clés et 5 tendances dans le bâtiment en 2026.
22 chiffres clés sur le marché du BTP

Le secteur du BTP génère un chiffre d’affaires de 257 milliards d’€
En 2024, l’industrie de la construction affiche une activité totale de 257 milliards d’euros. Le bâtiment capte la majorité de cette enveloppe avec 208 milliards d’euros, dont plus de 60 % alloués spécifiquement au logement. De leur côté, les travaux publics représentent 51,3 milliards d’euros sur le marché national.
Le tissu économique de la construction dénombre 591 528 entreprises
L’écosystème de la construction bénéficie d’un maillage très dense avec exactement 591 528 entreprises recensées sur le territoire.
94% des sociétés du bâtiment sont de taille artisanale
Selon la FFB en 2025, sur un volume évalué à 440 000 entreprises actives, 94 % relèvent de la taille artisanale, c’est-à-dire des TPE de moins de 10 salariés. Cela représente au total 1 731 000 actifs à l’échelle nationale. Du côté des travaux publics, 59 % des entreprises comptent entre 1 et 10 salariés.
Les immatriculations de nouvelles sociétés atteignent 35 577 créations
En 2025, la démographie des entreprises montre un ralentissement avec 35 577 nouvelles immatriculations. Ce volume de créations représente une baisse marquée de 5,6 % par rapport à l’année précédente, traduisant un cycle conjoncturel plus attentiste de la part des porteurs de projets indépendants.
L’indicateur de confiance des chefs d’entreprise se replie à 96 points
En juin 2026, l’Insee indique que le climat des affaires perd 1 point pour s’établir à 96. Cet indicateur économique, calculé depuis une moyenne historique fixée à 100, se dégrade face à des carnets de commandes jugés faibles. Le solde d’opinion sur ces carnets (qui mesure simplement l’écart entre les pourcentages de réponses positives et négatives des dirigeants) chute à -30 %.
Les tribunaux de commerce enregistrent 14 371 défaillances d’entreprises
Sur l’ensemble de l’année 2025, les notes sectorielles signalent 14 371 défaillances. Cet indicateur juridique, qui désigne les entités placées en situation de redressement ou de liquidation, s’inscrit toutefois en léger recul de 3,0 % par rapport à 2024. On constate un pic des défaillances au cours du 4ème trimestre, avec un taux de 9,8%.
L’expertise française en travaux publics s’exporte à hauteur de 66,7 milliards d’€
Les entreprises de travaux publics s’imposent à l’international avec 66,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires générés hors de France en 2024. Ce volume financier représente très exactement 56 % de l’activité globale de ce marché spécifique. Ces résultats confirment la haute compétitivité et l’attractivité des groupes tricolores sur la construction des grandes infrastructures mondiales.
Le volume de production des artisans du bâtiment subit une contraction de 1,5%
Au premier trimestre 2026, l’activité artisanale confirme un recul en volume de 1,5 % en glissement annuel, une méthode statistique mesurant l’évolution d’une variable par rapport au même trimestre de l’année précédente. La construction neuve décroche de 2,5 %, tandis que l’entretien-amélioration limite son repli à 1,0 %.
Le volume d’autorisations de construction tombe à 384 539 logements
Le Ministère rapporte que de mai 2025 à avril 2026, l’administration a validé 384 539 permis de construire. Ce volume en repli se situe 5,5 % en dessous de la moyenne mesurée sur les 5 dernières années, reflétant la contraction du marché et le blocage persistant des financements immobiliers.
Les promoteurs lancent la construction de 27 756 logements neufs en un mois
En avril 2026, les mises en chantier effectives, qui correspondent au commencement administratif et physique des fondations d’un projet, se limitent à 27 756 unités. Cette statistique affiche une détérioration rapide de 10,4 % sur un seul mois, effaçant totalement le rebond de 21,6 % enregistré exceptionnellement en mars.
Les acheteurs particuliers réservent 16 502 logements neufs sur le premier trimestre
Au premier trimestre 2026, la demande locative et privée résiste avec 16 502 réservations. Cette hausse de 4,0 % est stimulée par le rebond des appartements en collectif de 4,3 %, compensant partiellement le volume restreint de 13 939 logements mis en vente.
Les surfaces autorisées pour les locaux professionnels atteignent 36,7 millions de mètres carrés
Les enregistrements de permis délivrés pour bâtir des locaux non résidentiels s’établissent à 36,7 millions de mètres carrés (Source : La construction neuve, Section Construction de locaux) entre mai 2025 et avril 2026. Cette surface concède un recul conjoncturel de 4,1 % (Source : La construction neuve, Section Construction de locaux) face à l’exercice précédent, traduisant un report certain dans les investissements d’infrastructures d’entreprise.
Les démarrages de chantiers professionnels bondissent pour couvrir 21,2 millions de mètres carrés
Contrairement à la dynamique baissière des autorisations, les mises en chantier de l’immobilier d’entreprise couvrent 21,2 millions de mètres carrés (Source : La construction neuve, Section Construction de locaux) sur douze mois glissants. Cet indicateur d’exécution enregistre une croissance de 7,6 % (Source : La construction neuve, Section Construction de locaux) à fin avril 2026, tirée par le démarrage de lourdes opérations tertiaires ou industrielles.
Les acheteurs intègrent une clause environnementale dans 95% des marchés publics
La transition écologique encadre désormais la commande publique, avec 95 % des marchés de travaux comportant au moins une clause verte. Ce taux de pénétration, mesurant la part d’un critère imposé sur un marché donné, reste cependant perfectible car seuls 14 % de ces appels d’offres sont actuellement ouverts aux variantes techniques innovantes des entreprises.
Les chantiers de rénovation énergétique génèrent 31 milliards d’€ de revenus
L’amélioration et l’entretien des bâtiments ont produit 117 milliards d’euros de chiffre d’affaires total en 2025. Au sein de cette enveloppe de travaux, 31 milliards d’euros proviennent strictement des chantiers d’efficacité énergétique, représentant ainsi un peu plus d’un quart du segment de l’existant.
L’adaptation des infrastructures au changement climatique nécessite 16,3 milliards d’€
Pour résister aux aléas extrêmes, le rapport de l’I4CE estime qu’il faudra investir 16,3 milliards d’euros supplémentaires chaque année jusqu’en 2050. Ce budget est indispensable pour renforcer le maillage routier, les ponts et les réseaux d’eau menacés, évitant ainsi de futures pertes économiques majeures.
L’industrie du bâtiment rassemble 1 731 000 actifs sur le territoire
Le marché de la construction consolide sa position de pourvoyeur d’emplois majeurs avec 1 731 000 actifs dénombrés à fin 2025. Ce volume salarial repose sur 1 234 000 salariés permanents, soutenus par une force d’appoint de 90 000 intérimaires calculés en équivalent temps plein, et complétés par 407 000 travailleurs non salariés.
Les collaborateurs de moins de 30 ans constituent 21,7% des effectifs des travaux publics
L’étude de la pyramide des âges expose la filière à un défi de recrutement, car les jeunes de moins de 30 ans ne représentent que 21,7 % des équipes. À l’opposé, les seniors de plus de 50 ans occupent 29,0 % des postes, forçant les 8 000 entreprises du secteur des TP à redoubler d’efforts sur la transmission des métiers.
Le manque critique de personnel limite directement la production de 24% des entreprises
La raréfaction des profils qualifiés crée des tensions opérationnelles : en juin 2026, l’Insee rapporte que 24 % des dirigeants considèrent l’insuffisance de main-d’œuvre comme un frein à leur activité. Ce ratio d’entrave, perçu comme un goulot d’étranglement restreignant la capacité physique de production, côtoie la faiblesse de la demande (36%) et les difficultés d’approvisionnement (3%) signalés par les sondés.
Les entreprises artisanales transmettent leurs savoir-faire à 59 200 apprentis
Pour anticiper les départs à la retraite, le tissu artisanal s’investit massivement dans l’alternance en encadrant 59 200 apprentis. L’apprentissage, un statut combinant la théorie en centre de formation et la pratique rémunérée en entreprise, assure le renouvellement progressif des 541 000 salariés évoluant dans ces très petites structures (employant entre 1 et 10 salariés).
L’âge moyen dans le secteur de la construction est de 39,1 ans
Cet âge varie légèrement selon les sous-secteurs : il est plus jeune dans le second œuvre (38,5 ans) et un peu plus élevé dans les travaux publics (40,2 ans). Si l’on regarde la branche spécifique du négoce des matériaux de construction, l’âge moyen y est un peu plus élevé, atteignant 42,5 ans.
Les accidents du travail ont diminué de 5,4% dans le secteur du BTP
En 2024, 72 633 accidents du travail ont été enregistrés, contre 76 758 en 2023. Cela représente une fréquence de 38,1 accidents du travail pour 1 000 salariés. C’est le deuxième secteur le plus touché en termes de fréquence.
5 tendances du BTP en 2026
Un climat des affaires et une conjoncture toujours sous pression
En 2026, l’activité du bâtiment continue de faire face à d’importants défis économiques.
Déjà en 2025, le secteur avait enregistré un recul de son activité globale de 3,8 %. Cette morosité se prolonge jusqu’en 2026 : en juin 2026, l’indicateur synthétique de l’Insee mesurant le climat des affaires dans le bâtiment s’établit à 96 points, perdant 1 point par rapport au mois précédent et se maintenant sous sa moyenne de long terme fixée à 100.
Cette conjoncture s’explique en grande partie par la hausse continue des prix des matériaux, qui rogne les marges opérationnelles. En effet, 67 % des cas de dégradation d’activité signalés par les entreprises artisanales sont directement imputés à la hausse des coûts.
Le recul inattendu du marché de l’entretien-rénovation
Alors que la rénovation était perçue comme le relais de croissance idéal face à la crise du neuf, elle marque paradoxalement le pas. L’entretien-rénovation, qui représente pourtant près des deux tiers (soit environ 66 %) du chiffre d’affaires des artisans, a subi une baisse d’activité de 1,5 % au dernier trimestre 2025.
Plus inquiétant, le segment spécifique de la rénovation énergétique affiche lui aussi une diminution de 1,5 % cumulée sur l’année 2025.
Ce frein résulte principalement de l’attentisme des ménages, désorientés par les ajustements répétés des aides de l’État (notamment les suspensions de MaPrimeRénov’) et par la modification du calcul du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE).
Les travaux publics en première ligne de l’adaptation climatique
Face à la multiplication des aléas climatiques extrêmes, le rôle des infrastructures physiques évolue.

Le rapport d’impact 2025-2026 publié par la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP) souligne que l’adaptation des territoires au dérèglement climatique est devenue centrale. Les 8 000 entreprises recensées dans le secteur des travaux publics sont directement mobilisées pour concevoir des aménagements urbains plus résilients (gestion des réseaux d’eau, protection contre les crues, adaptation des routes aux fortes chaleurs).
Cet enjeu écologique structure désormais une large part de la commande publique locale.
Une contraction inquiétante de l’emploi dans les petites structures
Le ralentissement global du marché se répercute inévitablement sur la dynamique des ressources humaines, tout particulièrement au sein des Très Petites Entreprises (TPE).
La Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) alerte sur une situation critique en matière d’emploi : à la fin de l’année 2025, environ 12 200 emplois ont été détruits sur 1 an dans les entreprises du bâtiment comptant moins de 10 salariés. Face au manque de visibilité et à la compression des marges, de nombreux dirigeants gèlent leurs recrutements ou ne renouvellent pas les contrats courts, complexifiant encore le défi du renouvellement générationnel. La CAPEB exprime également des préoccupations concernant la stabilité des dispositifs d’accompagnement à l’apprentissage.
Une amélioration de la sécurité et une baisse des accidents du travail
Malgré ce contexte économique sous tension, la filière enregistre de réels progrès sur le terrain de la santé et de la sécurité.
Le bilan des risques professionnels indique une baisse sensible des sinistres : 72 633 accidents du travail ont été recensés sur l’année 2024, contre 76 758 accidents en 2023. Cela représente une diminution encourageante de 5,4 % en l’espace d’un an. Bien que la fréquence s’établisse encore à 38,1 accidents pour 1 000 salariés, maintenant le BTP comme le 2ème secteur le plus touché en France, cette trajectoire descendante valide les investissements réalisés en matière de prévention.
FAQ
Comment se porte le marché de l’emploi dans le BTP ?
Le secteur de la construction n’est pas très en forme en 2026. Ainsi, cette année, ce sont déjà 25 000 emplois qui n’ont pas été reconduits. 1 entreprise artisanale sur 10 pense même à licencier cette année.
Qui sont les entreprises du BTP ?
On compte 381 000 entreprises du BTP en 2024, dont 365 000 TPE. Les entreprises de la construction génèrent un chiffre d’affaires de 215 milliards d’euros en France, soit 5 % du PIB.
Combien y a-t-il de salariés dans le BTP en France ?
Le BTP emploie 1 559 800 salariés en France, soit une baisse de -1,6 % par rapport à 2023. Le secteur emploie aussi 130 989 intérimaires.



