Comment devenir auto-entrepreneur quand on n’y connaît rien ?

Découvrez aujourd’hui les conseils de Sandrine, rédactrice freelance qui est passée par là.

Le statut d’auto-entrepreneur attire de plus en plus les individus qui ne se reconnaissent pas / plus dans leur activité professionnelle, autant que celles et ceux qui, ne trouvant pas satisfaction dans le monde « traditionnel » du travail, nourrissent l’envie de créer leur propre poste. En recherchant les informations sur différents sites, on peut lire à peu près tout et son contraire. D’ailleurs, on a vite fait de s’imaginer qu’il y a tellement de paperasse, de documents à envoyer ou de conditions à remplir qu’on ferait peut-être mieux de rester dans « le rang des salarié.e.s ». Quand on souhaite lancer sa micro-entreprise, l’une des premières choses qu’il pourrait être intéressant de faire, c’est demander l’avis d’une personne qui a déjà sauté le pas. Aussi, pour aider celles et ceux qui songeraient à se faire immatriculer et souhaiteraient savoir combien ça coûte, ou si ils /elles vont devoir s’arracher les cheveux, j’évoque dans les lignes qui suivent mon parcours, comment je m’y suis prise pour obtenir mon statut et mes premiers pas dans mon nouveau métier, celui de rédactrice web.

De salariée à micro-entrepreneuse, mon parcours vers davantage de liberté

Après avoir étudié plusieurs disciplines, j’ai enchaîné ce que j’appelle des petits boulots : hôtesse événementielle, assistante éditoriale, téléprospectrice, vendeuse ou ouvreuse, pour ne citer qu’eux. La suite a signé le début de la fin : je suis devenue surveillante dans trois musées parisiens. Une fois passé l’émerveillement que provoque l’art et l’attrait suscité par la nouveauté, mon esprit est tombé dans un profond ennui. Mes neurones réclamaient de la nourriture intellectuelle. A cette demande pressante s’ajoutaient un désamour marqué pour à peu près toute forme de hiérarchie, le ras-le-bol du respect du code vestimentaire et de la précarité de l’emploi, et donc de celle du salaire. J’aspirais à (beaucoup) plus de liberté, de reconnaissance, un travail de réflexion et un salaire décent lié à mes compétences. Ma passion, c’était l’écriture. Après un balbutiement de plusieurs mois pendant lesquels je ne travaillais plus, je me lançais comme rédactrice web indépendante, avec le statut de micro-entrepreneuse. J’en bénéficie depuis le mois de mai 2018.
Pendant des mois, j’avais fouillé le web à la recherche d’une méthode efficace pour créer un blog et en vivre. Durant cette même période, j’ai pu profiter d’un accompagnement génial de la part de Pôle Emploi (je sais, ça fait bizarre de lire ça… !) : des rendez-vous avec une psychologue du travail. Non seulement la personne que j’avais en face de moi était ultra-compétente, mais en plus, grâce à ses tests de personnalité, elle m’a confortée dans l’idée que je pouvais gérer mon « business » toute seule.

Mes démarches pour devenir micro-entrepreneuse

Pourquoi ai-je choisi le statut de micro-entrepreneuse plutôt qu’un autre ?

Dans ma folle jeunesse, avant les postes de surveillante de musée, j’avais déjà exercé le métier de rédactrice web indépendante (pendant deux mois). Je savais donc que le statut de micro-entrepreneuse me conviendrait, et je savais comment l’obtenir. Comme je prévoyais d’être seule dans cette « structure » (ni associés ni salariés), que je n’avais pas besoin de local et que mon travail était intellectuel, le statut de micro-entrepreneuse semblait une fois de plus le plus approprié. Bon à savoir : l’appellation « micro-entrepreneur » remplace désormais celle d’ « auto-entrepreneur ».
A ce stade, une petite définition peut rafraîchir l’esprit de celles et ceux qui le savent déjà, et informer les nouvelles et les nouveaux venus. L’appellation « micro-entreprise » renvoie non pas à un statut, mais à un régime fiscal. Pour pouvoir lancer une micro-entreprise, celle-ci ne doit pas compter plus de 10 personnes, ni dépasser :
Pour les prestations intellectuelles, les prestations de service et les artisans, un plafond annuel de 70 000 €
Pour les activités commerciales et d’hébergement, un plafond annuel de 170 000 euros.
La micro-entreprise est considérée comme une entreprise individuelle, ce qui signifie qu’elle engage le patrimoine des micro-entrepreneurs. Elle reste un régime très simplifié qui me permet de profiter de ma nouvelle activité et de ses avantages sans avoir à subir ni la complexité, ni la lourdeur du système administratif.

Obtenir son statut de micro-entrepreneur : galère ou démarche simplifiée ?

Pour devenir micro-entrepreneuse, ça a été vraiment très simple, et gratuit. Je me suis connectée au site www.lautoentrepreneur.fr et j’ai suivi la procédure. Ce site est le portail officiel des micro-entrepreneurs qui se lancent dans l’aventure. Montrez-vous attentifs lors de votre enregistrement, des sites avec des noms quasiment identiques proposent de réaliser l’immatriculation pour vous, mais c’est payant !

Lautoentrepreneur - Adhérer

J’ai cliqué sur « en ligne » (en haut sur l’image), ce qui m’a amenée sur une autre page sur laquelle est expliquée la marche à suivre selon que l’on possède ou non un justificatif d’identité au format électronique, et selon le statut que l’on souhaite acquérir : artisan, commerçant ou, comme moi, libéral. En faisant défiler la page, on tombe sur le lien « Déclarer votre début d’activité (image ci-dessous) » du portail auto-entrepreneur. Le lien envoie sur la page de déclaration auto-entrepreneur. J’ai choisi mon domaine, internet, et entré mon activité, rédacteur web (seul le masculin est disponible…).

Lautoentrepreneur - Activité

S’affiche ensuite la totalité du formulaire d’inscription auto-entrepreneur. Cela peut paraître impressionnant au premier coup d’œil, mais en réalité, la fiche est super simple à remplir.

Lautoentrepreneur - Informations personnelles

Dans la première partie ci-dessus ne se trouvent que des questions auxquelles, normalement, vous devriez pouvoir répondre !

Lautoentrepreneur - ACCRE

Dans les questions suivantes, on me demande si je souhaite bénéficier de l’ACCRE. Il s’agit d’une Aide consentie aux Chômeurs Créateurs et Repreneurs d’Entreprises. Elle consiste en une exonération partielle des charges durant une période prédéfinie, et sous réserve de plafond à ne pas dépasser. On ne peut bénéficier de cette aide qu’une fois tous les trois ans. Tu m’étonnes, que je souhaite en profiter !
Dans l’encadré 7, il m’est demandé si mon activité de rédactrice web est ma principale activité (et donc de revenus). Dans mon cas, la réponse est oui, je n’exerce aucune activité en-dehors de celle-ci, mais il est possible d’être salarié en même temps, ou encore de combiner avec une autre activité exercée en indépendant, comme un métier artisanal par exemple.

Lautoentrepreneur - Régime social et fiscal

Sur cette capture, on me propose d’opter pour un versement des charges qui peut être soit mensuel, soit trimestriel. En bas de l’image, au niveau du bloc 9, il est possible de choisir le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. Cela signifie que ce dernier sera payé au fur et à mesure de l’encaissement du chiffre d’affaires.

Lautoentrepreneur - Question 12

Sur cette dernière capture, le plus gros avantage pour moi a été de pouvoir cocher la case du bloc 12. Lors de ma première expérience, je ne l’avais pas fait et m’étais retrouvée « assaillie » de publicités de tel ou tel opérateur téléphonique me vantant les avantages de ses offres pour mes salarié.s et moi (pub hyper bien ciblée, comme vous pouvez le constater) ou m’assurant que telle ou telle mutuelle était la meilleure pour une indépendante comme moi. Morale de l’histoire : cocher la case sauve des arbres. Moi, je dis oui.
Une fois ce formulaire rempli et envoyé électroniquement, je n’ai attendu que six jours avant de recevoir mon immatriculation (cinq jours ouvrés). Comme vous l’avez sans doute compris, cette démarche est entièrement gratuite, je n’ai rien eu à payer. L’INSEE m’a fait parvenir mon certificat d’inscription au Répertoire des Entreprises et des Etablissements, le fameux SIRENE. Celui grâce auquel j’aurais désormais le droit de facturer mes clients. Ce document reprend des informations me concernant, comme ma date et mon lieu de naissance, mon activité, mon adresse, le nombre de salarié.e.s de mon entreprise ou encore la date de prise d’activité. Ce document est à conserver précieusement, l’administration n’en délivrant aucun duplicata. Ceci étant précisé, sachez qu’il existe aussi des solutions payantes permettant l’obtention rapide du statut de micro-entrepreneur, sans avoir besoin de s’occuper soi-même des formalités administratives. On observe généralement des prix allant de 30 à 50 €.

Et après … ?

Bonne question, car c’est à la fin de cette démarche que le travail commence vraiment. Rechercher les clients constitue immanquablement l’étape cruciale : on travaille mais on ne perçoit aucun salaire, et on n’est pas sûr.e d’en percevoir un plus tard.

Comment je trouve mes clients ?

En tant que rédactrice web indépendante, j’ai pu m’inscrire sur la plateforme Malt. L’inscription est admise pendant la période d’attente du SIRET, mais il n’est pas possible de travailler. Malt met en relation clients et freelances (dont le métier tourne autour du web, principalement) et offre certaines garanties à l’une et à l’autre des parties. Côté freelance, par exemple, elle impose l’affichage sur le profil d’un tarif minimum par jour. Malt permet donc d’éduquer les clients à ce qui se fait dans chaque corps de métier. L’inconvénient de ce calcul horaire, pour ma profession en tout cas, c’est que je ne passe jamais une journée entière à travailler pour un seul client. Je dois donc établir des devis au nombre de mots. Pour les « petits » clients, ce n’est pas vraiment problématique, mais pour collaborer avec les grands comptes, le modèle de devis que fournit Malt n’est pas adapté à mes calculs.

Après, je dois souvent actualiser mon profil « maltais » pour ne pas me faire oublier de l’algorithme, chasser les recommandations pour me faire bien voir et tenter de garder mes cinq sacro-saintes étoiles qui garantissent (?) la venue des client.e.s sur mon profil plutôt que sur un autre. Il faut savoir jongler entre le manque d’expérience qui empêche (normalement) d’afficher un tarif trop élevé, et les résultats de recherche qui plongent mon profil au milieu d’autres qui proposent des prestations plus complètes que les miennes, à des tarifs bien, bien plus élevés…

En dehors de Malt, je travaille aussi avec d’autres client.e.s. L’une d’entre elles a d’abord collaboré avec moi via la plateforme, grâce à laquelle elle m’a découverte, avant de préférer l’« évincer » pour éviter d’avoir à payer la commission. D’autres me trouvent également sur Malt, avant de me contacter via Linkedin pour échapper à l’inscription sur le site et au paiement de la commission. Car oui, je facture la commission au client. Sinon, elle m’obligerait à travailler gratuitement.

2. La première facture

Ah, cette petite boule au ventre quand vient le temps de rédiger sa première facture d’auto-entrepreneur.se… Grâce à toutes les informations dont regorge déjà le web à ce propos, je n’ai eu qu’à surfer sur internet pour savoir quelles mentions doivent apparaître. Si le nom, le prénom ou l’adresse paraissent aller de soi, les mentions légales, comme par exemple la dispense de TVA, il m’a fallu les découvrir et les ajouter. J’en ai même découvert une autre plusieurs semaines (et donc plusieurs factures) après avoir commencé à exercer ! Heureusement, n’ayant collaboré qu’avec des clients sérieux, je n’ai eu aucun problème (la mention faisait état d’une pénalité que le client aurait à payer en cas de dépassement de la date limite de paiement).

3. Choisir sa banque quand on est auto-entrepreneur

La loi impose désormais aux auto-entrepreneurs de posséder un compte dédié à leur activité professionnelle. Comme elle laisse libre le choix d’ouvrir un compte pro ou un compte perso, nous pouvons bénéficier des offres réservées aux particuliers.
J’ai pour ma part choisi Boursorama Banque car elle est gratuite. Toutes les opérations le sont et, de mémoire, il me semble que c’est la seule, ou l’une des seules, à proposer une gratuité complète (Note independant.io : il existe d’autres banques ou néobanques gratuites pour micro-entrepreneur). Depuis, j’ai été à plusieurs reprises en contact avec leur service client, et il s’est montré à chaque fois très compétent et très efficace.

J’espère que ces quelques conseils serviront aux personnes qui souhaitent devenir auto-entrepreneurs et qui n’osent pas encore se lancer. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les transmettre à l’équipe de independant.io dans les commentaires ! Merci à elle de m’avoir invitée à m’exprimer sur leur blog.

Sandrine Pollien

Rédactrice web freelance (presque) tous sujets, j’aime allier la découverte et la technique via l’écriture.